Vacances au Maroc: du soleil à gogo… sans le moindre panneau solaire !

avril 30, 2008

Je rentre de quelques jours de vacances au Maroc où nous avons pu profiter d’un soleil généreux et puissant ;-)

En revanche, il ne faut pas beaucoup de temps pour se rendre compte de l’absence totale de panneaux solaires, photovoltaique ou à production d’eau chaude… quel gâchi !

Dans le même temps, j’ai été frappé d’apprendre les projets de constructions de centrales nucléaires dans certains pays du Maghreb où Areva serait bien heureux d’y décrocher des contrats myrifiques…

Pourtant, il semble facile d’imaginer un cadre juridique et fiscal incitatif pour les investisseurs qui pourraient booster la production d’énergie solaire, la création d’une industrie de fabrication, de Recherche et Développement, etc. dans une région extrêmement propice, bénéficiant d’une main d’oeuvre abondante, qualifiée, peu chère et d’un climat favorable.

Mes amis, il n’est pas trop tard pour exploiter des atouts considérables pour devenir la Silicon Valley du Solaire…


Certificats Verts: Une Opportunité en Devenir

avril 30, 2008

Les certificats verts sont encore méconnus. La meilleure description me semble être produite par l’HESPUL sur son site. Pour résumer, il s’agit de certificats attestant la production d’énergie renouvelable. En théorie, ces certificats peuvent être ensuite revendus à des tiers à des fins de compensation (utilisation ou production d’énergie polluante compensée par l’achat de certificats verts) ou à toute autre fin (éthique, etc.).

A priori, ces certificats semblent s’adresser aux gros producteurs d’energie verte puisqu’il faut débourser 800 € HT par installation puis 0,05€ par MWh pour obtenir l’enregistrement de sa production verte.

Ensuite, la valeur de ces certificats reste aléatoire puisque leur diffusion reste extrêmement restreinte voire nulle en France. A terme, ces certificats devraient pouvoir être côté en bourse ou encore valorisés par une garantie d’Etat.
Cependant, aujourd’hui, ces certificats verts restent un potentiel en devenir dont le développement reste dépendant d’un engagement volontariste des Etats. La France reste attentiste sur le sujet pour le moment.

Personnellement, je trouve le concept très prometteur car il pourrait donner un coup de fouet à la production verte en apportant un complément de revenu intéressant voire important aux producteurs d’énergie verte. Les calcul de rentabilités peuvent s’en ressentir très nettement.

Pour mémoire (d’après l’article de l’Hespul),

  • c’est Observ’ER qui est chargé de l’enregistrement et de la délivrance de « certificats RECS »
  • « RECS » (Renewable energy certificate system) est une organisation internationale qui a été créé en 2001 à l’initiative de quelques grandes compagnies énergétiques (dont EDF-Branche développement, une partie d’EDF qui est dans le secteur concurrentiel).

    Son objectif est la mise en place d’un « marché harmonisé d’échange de certificats verts » en faveur duquel elle se propose d’« exercer un lobbying puissant sur les dirigeants nationaux et européens » comme l’explique la page d’accueil de son site Internet.

  • En France, ce sont les gestionnaires du réseau de transport (RTE) ou de distribution (EDF-ERD et les ELD) auquel l’installation de production est raccordée qui sont seuls habilités à délivrer des garanties d’origine aux producteurs qui en font la demande

A suivre…


Indice des prix Green Power

mars 30, 2008

Les énergies renouvelables sont à la mode et je peux témoigner sur ce Blog de la prise de conscience collective.

Mais passé le consensus collectif sur le bien fondé de ces énergies, le passage à l’acte s’avère plus délicat que jamais, face à une multitude de solutions proposées, et surtout à cause de niveaux de prix et de prestations très variables.

Dans ce Blog, je propose une grande variété d’articles qui opposent l’offre du marché à mon appréciation de consommateur. J’ai aussi developpé un certain nombre d’études rentabilité de ces systèmes afin d’y inclure des coûts qui ne figurent pas toujours dans ceux présentés par les vendeurs de tous poils.

Dans le prolongement de cette démarche, je souhaite aujourd’hui initier un indice des prix qui serait la compilation des devis reçus pour chaque type d’énergie renouvelable. Pour cela, je compte sur votre contribution pour enrichir cet indice. Pour cela, il vous suffit de m’envoyer une copie de votre devis à mon adresse email: greenpowerhouse@gmail.com.

Pour ne froisser personne, je tiens à imposer le strict anonymat dans cet indice: aucun nom de société ou de personne ne sera mentionné. En effet, l’essentiel ici est d’offrir un référentiel de prix. Ni plus, ni moins.

J’envisage de créer les catégories suivantes:

  • Solaire Photovoltaïque,
  • CESI
  • Eolien individuel
  • Pompe à chaleur

Dans cet indice, je compte faire figurer:

  • le prix moyen du matériel par unité de puissance installée
  • le prix moyen de l’installation par unité de puissance installée

Au fil du temps et des informations, je compte afiner/complèter si nécessaire.

Pour le moment, je ne dispose que quelques devis glannés ici et là. D’ailleurs, le nombre de devis utilisés pour générer cet indice sera publié. La masse des devis collectés fera la réputation de cet indice.

J’attends donc de vos nouvelles !

Dernier détail, cet indice figure maintenant en bonne place sur ce Blog:

http://greenpowerhouse.wordpress.com/indice-des-prix-green-power/


EDF “Bleu Ciel”: un paradoxe qui cacherait du CO2 ?

mars 28, 2008

Je viens de tomber sur un article intéressant relayant mon post précédent, mais ajoutant encore d’avantage de confusion pour un consommateur lambda comme moi puisqu’il implique en plus la Caisse d’Epargne.

Pour moi, tout ceci relève de la guerre de communication pour EDF qui se retrouve confronté à l’ouverture de son marché. Son assise financière et technique lui permet de s’entourer de grands groupes bancaires pour atteindre les consommateurs au plus près de leur porte-monnaie, tout en coupant l’herbe sous le pied des nouveaux fournisseurs alternatifs concurrents. Je vous renvoie aussi à un post précédent au sujet de ces derniers.

La vigilence me semble un minimum ici…


EDF “Bleu Ciel”: Un Paradoxe ?

mars 19, 2008

Avez vous remarqué les spots publicitaires d’EDF “Bleu Ciel” à la TV ?

Il y a quelque temps, je publiais un article dénonçant l’aspect pernicieux du système de subventions des énergies renouvelables, en particulier sur la régulation du prix de rachat du kwh photovoltaïque par EDF.

Or ces spots publicitaires semblent positionner EDF comme un acteur du développement de ces énergies solaires, et ce, prenant mes propos à contrepied ;-)

En effet, je ne m’attendais pas à trouver EDF sur ce chemin puisqu’il promeut un système destructeur de valeur pour son business.

En contre partie,

  • Je comprends bien les bénéfices en termes d’image “green power”, très à la mode en ce moment (n’est-il pas ?).
  • Je comprends aussi que cette activité soit bénéficiaire en tant que telle: le conseil, la gestion de projet, le financement sont à elles seules rémunératrices pour une société (cf posts précédents sur la rentabilité financière de ces systèmes).
  • Enfin je reçois volontiers le message de crédibilité renvoyé par EDF dans le domaine de l’énergie: en tant que particulier, j’ai tendance à faire confiance à EDF sur sa compétence technique, son réseau de partenaires ou encore sur sa solidité financière.

Dernier point: je suis allé me balader sur le site “bleu ciel” d’EDF et je n’ai pas retrouvé ce positionnement “green power”

J’ai raté quelque chose ?

Pour ma part, “confus” est le sentiment qui domine…


Solairedirect: quelques précisions utiles

janvier 24, 2008

J’avais évoqué cette société précédemment comme coup de coeur sur les initiatives commerciales innovantes. Plus précisément, je croyais cette société en mesure de proposer de la location de toiture.

En réalité, solairedirect semble reposer son approche commerciale sur une offre “classique” de vente et d’installation de panneaux solaires où l’acheteur prend effectivement les risques de son investissement.Toutefois, ils proposent quelques atouts différenciants:

  1. Ils prennent en charge tout le projet, y compris les démarches administratives
  2. Ils assurent la maintenance et ils garantissent un rendement maximum du système grace à un boitier de télésurveillance.
  3. Dernier point, et peut-être le plus interessant: solairedirect, en partenariat avec des banques telles que la “Caisse d’Epargne”, propose un financement complet et adapté au projet, avec un début de paiement des mensualité effectif après 16 mois, le temps nécessaire pour obtenir les accords administratifs et pour la mise en place des panneaux. On peut ainsi obtenir un financement dont les mensualités seraient légèrement inférieures au revenu provenant d’EDF… à condition de souscrire à une durée de 180 mois…

Globalement, solairedirect apporte d’avantage de souplesse et offre un service complet à l’usager. Mais on reste sur un mode où le client doit faire l’effort financier et prendre donc les risques associés, avec un retour sur investissement supérieur autour de 8/10 ans.

Avec la formule financée par la banque (sur 15 ans), cela revient à poser des panneaux solaires sans impact financier courant, ni revenu avant la fin du prêt. A la fin de la période de financement, vous bénéficiez alors pleinement des revenus de la revente d’électricité à EDF. Or, comme le contrat avec EDF est signé pour une durée de 20 ans, votre gain est garanti sur les 5 dernières années.

Autrement dit, dans ce mode, les premiers bénéficiaires sont:

  • solairedirect, grâce à la marge faite sur la vente des panneaux solaires + l’installation + la maintenance,
  • la banque grâce aux intérêts d’emprunt,
  • et au bout de 15 ans, le client commence à son tour de gagner de l’argent (environ 1000 à 1500 €/an)… pendant 5 ans garantis (puisque le contrat EDF est de 20 ans).
    remarque: au début, le client ne gagne pas d’argent, mais il n’en perd pas non plus..

A vous de voir…


Subventions: un cercle vicieux

novembre 4, 2007

Les subventions correspondent à une série de mesures incitatives mises en oeuvre par une administration ou collectivité afin d’accéler et d’amplifier l’utilisation de produits en début de cycle industriel dont le prix est encore trop élevé pour le grand public.

Dans le domaine des énergies renouvelables, ces subventions sont octroyées par de multiples organisations (état, mairie, département, région) sous de multiples formes (primes, crédit d’impôt, prêt à taux zéro, récupération TVA, TVA réduite, etc)

Résultat, aujourd’hui les devis présentent systèmatiquement une structure tarifaire incluant les subventions. Ces subventions sont généralement assujeties à l’acceptation d’un dossier, à l’installation par un professionnel agréé et à l’emploi de matériel répondant à certaines normes précises.

Dans ce contexte, les prix se retrouvent très souvent gonflés car:

  • l’installateur étant incontournable dans le mécanisme de subventionnement, le prix de revente du matériel subit une augmentation correspondant à une marge supplémentaire prise par l’intermédiaire de l’installateur. Cette “surmarge” tient généralement compte du niveau de subventionnement…
  • l’installateur étant incontournable dans le mécanisme de subventionnement, les grandes surfaces ne peuvent pas écouler du matériel seul. L’effet vente en volume ne peut pas fonctionner ici.
  • Le matériel devant répondre à certaines normes, leur certification a pour effet de limiter le nombre de produits et de constructeurs autorisés sur le marché Français (bien que les normes aient le mérite d’apporter une structuration nécessaire).

Ainsi, au lieu de favoriser temporairement des produits en devenir, les subventions profitent à un “éco-système” qui adapte ses tarifs en fonction de la manne disponible des subventions. Cette situation peut ainsi durer longtemps puisque l’éco-système y puise ses plus grands bénéfices.

De plus, le tarif de rachat de l’électricité correspond là aussi à une forme de subventionnement puisqu’il est bien supérieur au tarif de vente par EDF.

On peut disserter sur le niveau de prix pratiqué par EDF car je ne suis pas certain que ses tarifs tiennent compte de tous les coûts liés au cycle de vie de l’énergie utilisée - et je pense ici au nucléaire, notamment ceux liés au retraitement des déchets radioactifs ou encore au démantèlement des centrales. De même, tous les coûts liés à la recherche et développement sont imputés sur des organismes externes à EDF tels que le CEA (Commissariat à Energie Atomique).

D’un autre côté, du point de vue d’EDF, il ne finance pas non plus la R&D des panneaux solaires, ni leur installation ou leur recyclage.

Cela dit, si les gens s’équipaient massivement en panneaux solaires, EDF serait confronté à une aberration économique puisqu’il acheterait une énergie plus chère qu’il ne pourrait la revendre. Cette surprime reste donc acceptable tant que le phénomène reste marginal.

Il me semble qu’une approche plus viable à long terme consisterait à ne racheter que le surplus de production par rapport à sa consommation. La revente totale serait alors impossible. Le prix de rachat minimum serait alors indexé sur le coup de production moyen + une marge suffisante permettant un amortissement sur une durée raisonnable. Avec ce mode de fonctionnement, les non producteurs payeraient un premium correspondant au prix de rachat de l’électricité + les frais de maintenance du réseau EDF + la marge commerciale d’EDF. Ce type de fonctionnement demande une transparence parfaite des comptes d’EDF avec une ventilation des ses coûts structurels (distribution, production énergie, rachat, recyclage, entretien, etc.).


Fiscalité: le micro-BIC pour les (gros) producteurs d’énergie

novembre 3, 2007

Si vous êtes un particulier et que votre « chiffre d’affaires » ne dépasse pas 76 300 € par an (chiffre 2006), vous pouvez bénéficier du régime des micro-entreprises, applicable de plein droit aux activités de vente de biens.

Les revenus de la vente de votre électricité sont alors considérés comme des revenus “non professionnels accessoires” à déclarer sur l’imprimé 2042 C, chapitre 5 : revenus industriels et commerciaux non professionnels, régime micro-entreprise (case NO : vente de marchandise).

C’est le total vendu qui doit être déclaré et sachez qu’un abattement de droit commun de 71% ou 305 € (le plus grand des deux montants ; chiffres 2006) est appliqué.

Tant que la production d’électricité n’est pas « bien supérieure à la consommation du logement », la production d’électricité par un particulier sur un logement est considérée comme relevant de la gestion privée du patrimoine.
Vous n’êtes pas soumis à la taxe professionnelle et vous êtes exonéré d’inscription auprès du registre du Commerce et du versement des impôts commerciaux (TVA, taxe professionnelle, etc), sous réserve de déclarer les montants perçus dans votre déclaration annuelle sur le revenu.
Vous êtes également exonérés de toute cotisation sociale lorsque votre revenu « accessoire » ne dépasse pas 4 336 € (chiffre 2006).

En contrepartie aucune déduction n’est possible au titre des frais (intérêts d’emprunt par ex.).

Si vous n’êtes pas un particulier (professionnel, SCI, association, etc), les dispositions fiscales applicables sont différentes. Consultez votre comptable et votre centre des impôts pour en avoir le détail. En particulier, pour les SCI, sachez que vous ne pouvez pas financer une installation à énergie renouvelable et bénéficier de ce régime micro-BIC.


Grenelle: quelques avancées concrètes

octobre 29, 2007

Bon, voilà, c’est fini: grenelle a fermé ses portes avec un certain nombre de propositions qui demandent à être mises en oeuvre (lois, dispositions, incitations, fiscalité, etc.)

J’avoue n’avoir pas été très assidu ces derniers jours et je ne prétend pas résumer ici l’ensemble des discussions et propositions (j’ai un métier qui me prend beaucoup de temps en ce moment).

J’ai tout de même tendu l’oreille sur les propositions visant les habitations:

  • objectif 50kwh/m2 pour tout logement neuf d’ici 2012. Je rappelle qu’en moyenne, un logement neuf  d’aujourd’hui consomme environ 100kwh/m2.
  • objectif 80kwh/m2 pour tout logement ancien. Cet objectif devra être assorti d’une loi imposant le renforcement de l’isolation des logements anciens, a priori lors du changement d’occupant, c’est-à-dire environ 400000 logements par an.
  • Concernant les bâtiments publics, le grenelle a proposé que la Caisse des dépôts et consignations finance l’amélioration de la réglementation thermique des bâtiments publics grâce à 20 milliards de prêts bonifiés. Le ministre estime qu’en 2015 l’ensemble du parc public sera rénové.

Ainsi les propositions du grenelle montent la barre des objectifs plus haut que précédemment. Mécaniquement, des surcoûts vont apparaître à de multiples niveaux dont le principal débiteur sera  le citoyen, c’est-à-dire vous et moi. En particulier, la rénovation des logements anciens peut s’avérer très pénalisante pour des ménages déjà en difficulté par ailleurs, sachant que ces coûts de mises aux normes peuvent être très élevés car il faudra parfois revoir complètement la structure du bâti.

Toutefois, comme on peut le voir sur ce blog, il existe de multiples manières de traiter ces contraintes, et il reviendra à chacun d’anticiper et d’optimiser ces ressources pour rentrer en conformité par rapport aux nouveaux objectifs du Grenelle. Sur le long terme, la performance énergétique du parc immobilier sera grandement améliorée et les directives nationales devraient contribuer à atteindre l’effet de volume de commandes nécessaire au décollage économique de nouvelles filières autour des énergies renouvelables.

A ce sujet, j’ai peut-être raté un épisode, mais je ne vois rien ressortir du grenelle autour de la production individuelle d’énergie (solaire, CESI, etc…). Les conclusions du Grenelle étant fondées sur un consensus de l’ensemble des interlocuteurs impliqués, il semble que ce soit un sujet controversé, avec des intérêts divergents entre les industriels, EDF, les citoyens, l’Etat, etc… dommage…


Rentabilité Eolienne Individuelle: calcul délicat

octobre 22, 2007

Abordé à de multiples reprises sur ce blog, le sujet des éoliennes individuelles semble intéresser beaucoup de monde ;-)

Or le calcul de rentabilité est relativement difficile à effectuer:

  • En effet, côté dépenses c’est assez facile: une éolienne coûte environ 3€/Watt, fourniture et pose inclues (ça peut varier… je vais tenter d’obtenir prochainement un devis… je vous tiens au courant…).
  • De plus, on peut tabler sur un crédit d’impôt de 50%, soumis toutefois à acceptation du dossier.
  • La revente de l’énergie produite à EDF est moins intéressante que le solaire: 8,38 cts/kwh (contre 30 cts/kwh ou même 56 cts/kwh dans le solaire photovoltaique intégré en toiture)

La question délicate réside dans l’estimation de la quantité d’électricité réellement produite. Cette question s’avère difficile à appréhender pour trois raisons principales:

  • le vent est inconstant par nature, il varie de minutes en minutes
  • le vent est différent d’un lieu à un autre, suivant les influences de l’environnement local, en particulier pour les sites peu élevés (inférieurs à 50m au dessus du niveau sol)
  • la production d’énergie d’une éolienne évolue de façon exponentionnelle en fonction du vent. Ce comportement dépend aussi du type d’éolienne (verticale ou à pales, turbine ou bobine aimantée, etc.)

Par conséquent, une estimation basée sur des valeurs moyennes peut s’avérer complètement fausse.

Exemple: même configuration, 2 calculs, 2 résultats très différents:

Calcul n°1:

une turbine fonctionne sur une période de 1 an.
durant la moitié du temps, le vent moyen est de 10m/s
durant la seconde moitié du temps, le vent est nul.
Par conséquent, le vent moyen est de 5m/s
L’énergie produite est de 1752kW

Calcul n°2

La même turbine fonctionne sur une même période de 1 an.
Le vent souffle à 5m/s toute l’année.
Par conséquent, le vent moyen annuel est de 5m/s, comme pour le calcul n°1 ci-dessus
L’énergie produite est alors de 613kW seulement

Le premier calcul produit 2,85 fois plus d’énergie que le calcul n°2. Ceci démontre la difficulté de prédiction de production réelle de vent.

Tout ceci conduit à rechercher des statistiques/mesures aussi détaillées que possibles afin de disposer d’un modèle de vents relativement représentatif, du moins au niveau de ses tendances.

J’ai cherché sur le site de météo france (rubrique “climat”) et le niveau d’information y est très partiel: pour ma région, il mentionne des rafales de vent supérieures à 16m/s pendant 44 jours de l’année, avec une dominante de Sud/Ouest. C’est assez maigre pour un calcul…

On peut aussi trouver des résultats de “stations météo”, telle que www.infoclimat.fr ou encore http://www.meteo-stremyleschevreuse.com/

Un autre moyen de collecter de l’information détaillée sur les vents sur lieu de votre projet éolien est d’y installer un anémomètre et de relever les mesures sur une longue période. Il faut compter environ 150 Euros ou moins pour ce type d’appareil.

On peut quand même tenter un petit calcul de rentabilité en évaluant le nombre de jours nécessaires à rentabiliser l’éolienne, en prenant pour hypothèse de base une journée de fonctionnement nominal (ce qui est difficilement prédictible comme déjà expliqué).

Ainsi, une éolienne de 3kW donnerait le calcul suivant (hypothèse revente totale EDF):

  • investissement: 3000 x 3 = 9000 €, dont 1000 € d’installation
  • crédit d’impôt = 50% * prix matériel = 50% * 8000 = 4000€
  • investissement net = investissement - crédit impôt = 5000 €
  • rachat EDF pour 1 journée rendement nominal = 8,38 * 3 * 24 = 6,03 €
  • nombre de jours en fonctionnement nominal nécessaire pour retour sur investissement = 5000 / 6,03 = 829 jours

Ramené dans le contexte de ma région (44 jours/an), on obtient un retour sur investissement en 18,9 ans ! (829 / 44). Vu sous cet angle, je ne suis pas tellement emballé par ce type d’installation dans ma région.
Remarque: le bilan serait nettement amélioré avec un prix de rachat EDF supérieur, comme celui du solaire photovoltaique par exemple…
Au passage, le tarif de rachat EDF a baissé depuis 2006: éolien terrestre : 8,2 c€/kWh pendant 10 ans, puis entre 2,8 et 8,2 c€/kWh pendant 5 ans selon les sites.

Autre remarque: il existe probablement des aides spécifiques à l’éolien (région, département, commune, etc) dont je ne tiens pas compte ici. Le bilan global en serait alors positivement affecté. Certaines régions doivent être plus favorables que d’autres, comme les régions côtières et la vallée du Rhone par exemple…

De plus, le calcul est très sensible à la production réelle d’electricité, et, encore une fois, cette estimation est très approximative et je suis assez peu confiant sur la réalité du résultat.

Aussi tout retour d’expérience serait le bienvenu !